| Description : Histoire
« Bonjour Professeur. Je vois que vous êtes venu avec votre Ferrari. »
C'est sur ces mots qu'un ordinateur un peu trop bavard vous accueille dans votre laboratoire, le jour censé couronner des années de recherche sur la téléportation. L'expérience tourne mal : un éclair s'abat sur le tunnel d'accélération et projette le physicien Lester dans un monde inconnu — les pieds dans l'eau, et une bête déjà à ses trousses. À partir de là, plus un mot d'explication : au joueur de réagir, comme le héros, à l'instinct.
Another World (rebaptisé Out of This World en Amérique du Nord) est l'œuvre quasi solitaire d'Eric Chahi, sortie fin 1991 chez Delphine Software. Tout y est fait à la main : un interpréteur maison à base de polygones vectoriels, des animations en rotoscopie (la technique de Prince of Persia — Chahi a redessiné à l'ordinateur les contours d'images réelles), et une mise en scène sans la moindre ligne de dialogue ni interface. Pas de barre de vie, pas de tutoriel : le contexte se comprend par-delà la barrière du langage. La musique, discrète et onirique, est signée Jean-François Freitas.
Cette « cinématographie dans le jeu » était une petite révolution. On en retrouve l'héritage direct chez Flashback, dans le Heart of Darkness de Chahi lui-même, et jusque dans la manière dont Half-Life intégrera plus tard sa narration au gameplay. Une œuvre d'auteur qui a largement gagné sa place au panthéon du jeu vidéo.
Les commandes
Flèches Se déplacer
SHIFT (ou EXE / ALPHA) Action / tir — maintenir + une direction = courir
OPTN Ouvrir l'écran de saisie des codes de niveau
F1 / F2 Sauvegarder / charger la partie
F3 / F4 Slot de sauvegarde suivant / précédent
F5 Pause
EXIT (ou F6) Quitter
Petit rappel de game design : Lester marche quand on appuie sur une direction, et il court quand on maintient le bouton d'action en même temps. Ce n'est pas un bug, c'est le jeu de 1991 — la touche qui sert à courir est la même que celle qui sert à tirer. SHIFT, bien grande, est la plus confortable à garder enfoncée.
Et une fois le pistolet laser récupéré (début de la deuxième séquence), tout passe par ce même bouton d'action, à la durée d'appui près :
appui bref ==> un tir qui détruit l'ennemi touché (l'inverse est vrai aussi, méfiance) ;
appui maintenu ==> un bouclier qui arrête les lasers ;
charge prolongée ==> un tir puissant qui brise les boucliers adverses et certains décors.
Cette version fx-CG50 en bref
La machine virtuelle d'origine est intacte : mêmes scripts, mêmes énigmes, mêmes morts gratuites, l'intro et toutes les cinématiques comprises. Ce qui change, c'est tout ce qui touche au matériel de la calculatrice :
Affichage — le jeu, en 16 couleurs, est rendu puis centré sur l'écran 396×224 de la fx-CG50. Aucune perte par rapport à l'original.
Pas de son — la calculatrice n'a pas de quoi restituer la musique et les bruitages correctement. C'est un choix assumé : le silence d'Another World lui va plutôt bien.
Overclock — la fx-CG50 tourne à 116 MHz par défaut, mais son écran est lent. On overcadence la machine au démarrage (bus à 94 MHz) pour que la fluidité soit au rendez-vous, et l'horloge est remise à la normale en quittant le jeu.
Données allégées — comme il n'y a pas de son, les échantillons audio ont été retirés des fichiers de données : 1,15 Mo → 566 Ko, soit moitié moins de place sur la calculatrice (sans rien changer au jeu).
Commandes au clavier — déplacement aux flèches, action/tir/course sur SHIFT (et EXE/ALPHA), sauvegarde d'état sur F1/F2, et saisie des codes de niveau au clavier (voir Cheat Codes).
Les données de base du jeu ont été extraites de la version AbandonWare du jeu.
Le moteur est issu du fabuleux travail de Eric Chahi, le portage de Gregory Montoir et de Fabien Sanglard (https://fabiensanglard.net/anotherWorld_code_review)
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